Carnet de route
2 jours à l'Hospice
Le 29/04/2022 par olivier ringot
Grand St-Bernard Mont Fourchon et pointe de Drône
S’il faut diviser pour régner je peux te dire, mon cher Philippe, que préparer c’est prévoir ! Prévoir que 2 jours au col du Grand Saint-Bernard puissent ne pas être une sinécure selon les conditions de neige. Il ne plaira peut-être pas au bon saint de nous bénir en nous offrant en plus du gite, soleil et bonne neige. Les renseignements obtenus sont de bonne main pour le Mont Fourchon et jouent en notre faveur. En revanche, les silences cisterciens à l’évocation de la Pointe de Drône sont très évocateurs et m’obligent à préparer un plan B (en vert) , un plan C et sa variante(en marron). Sur place, nous n’aurons que le choix d’ouvrir et fermer quelques fenêtres !
Dès l’arrivée à l’ancienne station de Bourg Saint-Bernard on se rend vite compte qu’il va être compliqué de descendre depuis la pointe de Drône tant la neige est manquante. Qu’à cela ne tienne, le cœur joyeux et le jarret hardi nous prenons la direction de l’hospice, le soleil nous faisant envisager une très belle journée. Au refuge, on se déleste de notre trop plein de bagages avant de se diriger versant italien. On franchit la frontière sans formalité ce qui ne sera pas le cas de la traversée du pare-avalanche tout en glace qui mobilisera toute notre attention pour ne pas se vautrer lamentablement.
La montée au Mont Fourchon se fera sous une chaleur estivale presque accablante. L’arrivée au sommet, nous récompensera de tous ces efforts. Quelle vue ! Mont Blanc version Brenva, Grandes Jorasses et l’impressionnante face nord de la Walker, le Triolet, le Dolent aux trois frontières, la grande Lui, le Grand Combin et le Mont Vélan ; 360° le moins qu’on puisse dire est que ça vous tourne la tête.
Après la joie, le bonheur. Une belle neige tout en moquette à poils longs où tracer quelques courbes, si surprenante sous cette chaleur. Merci St Bernard !
De retour à l’Hospice, une, deux bonnes bières apéritives nous mettent en joie avant le repas qui n’a rien d’une Cène car, si St Bernard prônait la frugalité, il n’en va pas de même du cuistot !
Le lendemain, J2 de notre périple, sans vrai regel nocturne on abandonne notre Plan A la Grande Chenalette, puis le plan B la Pointe de Drône réduite à un gros tas de cailloux, puis le plan C et sa variante pour opter pour une boucle autour des Lacs de Fenêtre. On a privilégié le ski au détriment de l’alpinisme. Il faut bien avouer qu’on était venu skier.
Encore une neige incroyable, de belles courbes sous la chaleur, un pique-nique assis sur la confortable borne frontière face au Mont-Blanc et déjà il faut penser à rentrer.
Tout au long de la descente on croisera la longue litanie des pèlerins montant passer le week-end à l’Hospice. Souhaitons-leur un séjour agréable.
Une dernière bière au refuge Napoléon, où je me dis que la course prévue la semaine prochaine au col de Panossière va être compliquée en matière de portage !



