Carnet de route

Et si on traversait.. les crêtes du Haut Jura!

Le 29/09/2021 par olivier

Du plus profond de mon enfance, face au Léman, j’ai toujours  entendu ce leitmotiv comme un mantra : «  vois ce que le Jura nous montre par rapport à ce qu’on leur offre, la plus belle vue  du monde sur les Alpes ! »

Savoyards, Français  devenus par contrainte, ne devrions nous n’avoir sur les montagnes de petite altitude, qu’un regard patriotique sur la seule Ligne Bleue des Vosges ! Ce serait oublier l’ardeur  et la beauté de cette ligne qui nous fait face.

Randonner dans le Jura c’est pasticher Philippe le Hardi (Gégé)  à Jean le Bon (Olivier) sous l’œil du Prince de Galles (Aline) : prendrons nous à droite, prendrons nous à gauche pour bonne voie ? Le Jura c’est d’abord, en son pied, une raide et labyrinthique forêt Gessienne.

Gravissons, courageusement, jusqu’au refuge du Gralet  première halte de notre traversée  entre Rhône et Sarine. Un refuge rustique se singularise par sa charpente et sa table en bois brut ou chacun peut graver  à la pointe du couteau son émoi, son amour, sa poésie  toutes philosophies. Je me surprends à chantonner Reggianni!

Un petit-déjeuner roboratif et nous voilà repartis  avec, pour mes compagnons,  l’assurance  d’une  certaine platitude ! C’est mal connaître la vigueur de la montagne jurassienne. S’enchainent, comme autant de perles, la Pierre de la Lune, la Capitaine, la Grotte de la Marie du Jura et enfin le Reculet  (1719 m) et sa belle voie d’escalade.  La vue s’étend.  Au-delà de Genève-la-ville, le  Mont-Blanc-la-montagne au dessus de la brume, entendons   la joie de vivre en ce pays.

D’une goutte de mirabelle après pique-nique, Gégé nous  ravigote pour poursuivre notre quête jusqu’au  Crêt de la Neige (1720 m). Simple bombement, ce crêt est l’humble mais fier  sommet du Jura, à l’image de ses habitants. Comment ne pas s’étonner du changement entre  l’herbe sèche du caillouteux Reculet  et la végétation australe du Crêt de la Neige où les genets  fleuris le partage avec  les vigoureux épineux  courbés sous l’aire de l’âpre vent  où plantes grasses  se mélangent aux gouteuses  myrtilles et framboises  sous les  senteurs du raisin des ours et  des rhododendrons.

Le pas se fait lourd après nos 1500 m de D+ quand il faut attaquer la descente. En passant par l’ancien refuge de Courson, en se gardant des patous, je  me remémore  l’ancien berger,  amoureux de théâtre, qui organisait des soirées  raclette-théâtre ! Ne reste que les moutons. Et la longue, lloonnnggguuueee  descente vers Saint Jean fera l’objet d’un exercice Carto 2 (comment se diriger au milieu de tous ces chemins forestiers quand on est cuit coque)

Au final,  une belle bambée (23 km 1500 m D+) une sympathique équipe et encore une belle journée en montagne.

 

 

 

 

 

 







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