Carnet de route

Pointe de la Carmélite

Le 22/02/2015 par Elise Cormorand

Je ne sais pas trop quel titre choisir pour ce récit...

 

"Pointe de la Carmélite, la tête dans les nuages"

OU

"Allo le 112, on en a encore cassée une..."

OU

"Notre premier 1400 m de déniv, et sans cracher les poumons !"

OU

"Expérimentation du ski à l'aveugle"

OU

"Ah bon, on était au pied de la Pointe Percée ? J'ai rien vu..."

 

 

Il a neigé toute la journée hier, on va se régaler ! Alors qu'un bon 50% d'ensoleillement était prévu dans l'après-midi, nous n'avons eu droit qu'à un petit rayon au sommet, traversant le nuage dans lequel nous avons passé la journée, juste pour nous montrer qu'on était arrivé. Heureusement que la neige était top, parce que niveau paysage il a fallu un peu d'imagination.

Et heureusement que la trace était faite, sinon on n'aurait pas pu relever notre défi des 1400m, et il est possible que Franck ait fini par les cracher, ses poumons.

 

Le brouillard a du bon, si on avait vu la série de conversions qui nous attendait il y aurait eu de quoi déprimer ! Alors ça conversionne, ça conversionne, et ça ne conversationne plus.

Alors qu'on voit à peine celui qui nous précède, Franck se demande quand même si c'est bien la peine de continuer. Le brouillard n'ayant pas ébranlé notre optimisme (on croit toujours qu'on va finir par avoir du soleil), Franck et Olivier connaissant la course, et la trace étant déjà faite, on continue. Après une petite acrobatie d'Olivier, on parvient au sommet, enfin, je crois... Ah ben oui, c'est bien le sommet, et avec le soleil en plus !

Pas le temps de manger, il est tard, la descente est longue, et le brouillard revient. On décide de suivre nos traces de montée, c'est plus sûr.

 

La neige est tellement bonne que l'une d'entre nous pique une tête ! (Et ce n'est même pas la faute du brouillard). Sa cheville ne l'a malheureusement pas tout à fait suivie, et c'est souffrant le martyr et prenant son courage à deux mains qu'elle continue la descente. Après tout, il ne reste que 1200 m dans la poudreuse et le brouillard...

Hey Olivier, t'es où ?   Là, à 20 mètres !

La bonne neige pardonne un peu nos erreurs d'appréciation dues au manque de visibilité, mais certains tombent quand même dans des petits trous, histoire de détendre l'atmosphère ! C'est vrai que c'est un peu tendu, la blessée fait de son mieux mais certains se demandent si on va arriver avant la nuit, ou se perdre dans le brouillard et devoir construire un igloo. Mais c'est sans compter sur nos tops chefs de course, armés de téléphone portable (allo le 112 ?) et de GPS permettant de lever le moindre doute sur l'itinéraire.

 

On retrouve la forêt, et la visibilité, à 400 m de déniv de l'arrivée, et comme par hasard c'est à ce moment que l'hélicoptère arrive, alors qu'on s'attendait à un secours par voie terrestre. La blessée se fait prier pour embarquer... "Aller, ça suffit, on est pas venus pour rien, on vous emmène". Elle part donc bras dessus-bras dessous avec les sauveteurs, et à sa façon de marcher on voit bien que sa cheville n'est pas au top. Aller, courage ! (On apprendra plus tard qu'il s'agit d'une fracture.)

 

S'ensuit une folle descente sur le chemin forestier, et une escapade au bar bien méritée. Et il ne fait pas encore nuit !

 

Il y a bien qu'en ski de rando qu'on peut passer une journée dans un nuage et finir par se dire que c'était quand même chouette !

Franck, on compte sur toi pour remettre ça au programme, histoire qu'on voit quand même le sûrement très beau paysage qui nous entourait !







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